Coming out

« Il est tellement important de laisser certaines choses disparaître. De s’en défaire, de s’en libérer. Il faut comprendre que personne ne joue avec des cartes truquées » ( P. Coelho)

Ce texte ne sera pas poétique. Je tiens à l’écrire, comme il viendra et je tiens à le rendre public. Je le vis comme un coming out bien que ce soit un renoncement, une déchirure et au final, un saut dans l’inconnu.

Je vais par ces mots et bien sûr des actes, assassiner ma vieille compagne, la dame qui a enchanté ma vie. Car c’est d’une enchanteresse qu’il s’agit. Une fascinatrice qui jamais n’a failli. Jamais trompé ou déçu. Par elle depuis ma jeunesse j’ai respiré ma vie en volutes bleues, chaque jour de cette chienne de vie elle est venue donner sa couleur et sa folie. Ô nous étions bien tout les deux. J’ai tatoué son image sur mon bras.

Mais en réalité

C’est une goule. Un vampire perfide. Une sangsue verdâtre. Elle te vole ta vie. Tu te recroquevilles, t’isoles, tournes les yeux vers l’intérieur . Autiste. Ta bouche devient un égout, t’as honte de l’embrasser. Ta volonté passe en mode pause. Tu respires mal, bronches goudronnées comme tuyau de pipe. Tes tripes spasment le stress salasse de ta détresse. Tu dors mal, sans rêves, parfois en apnée. Tu ne vois pas le bonheur du quotidien, tu dédaignes le trésor que la vie t’as mis entre tes mains. Et pire, tu oublies. Tout, ta vie, tes bonheurs, les noms, ce que t’as dit hier, ta civilité, tes amis, Ta dignité. Tu deviens odieux, asocial. Tu peux plus te fier à ta mémoire. T’es dans le bluff perpétuel. Et tu es addict car, sans elle, la vie perd tout intérêt. Une vie au goût d’ostie. La traîtresse est douce et cache son jeu. Il m’aura fallu quarante années pour la démasquer et la répudier.

Sangsue perfide. Fleur du mal. Herbe du diable. Crève poumon. Dévoreuse de couple. Corruptrice d’amour. Marie Juana maudite, je te quitte.

J’ai jeté tous les objets de ton culte, brûlé et distribué tes derniers fruits. Adieu ma fausse amie, avec peur mais sans regrets. Grâce à toi j’ai toujours pu fuir la réalité de la vie. Demain je l’affronterai. Je m’attend à être broyé. Mais en cette fin de vie peut être pourrais je le rencontrer, celui que je suis. Et vivre un bout de vrai vie. Pardon . Et vivre vraiment la vraie vie.

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