Quai de gare

C’est une gare un peu spéciale où s’arrêtent des trains très spéciaux.

Des trains plutôt originaux. Ils ont leur couleurs à eux, leur nom, leur histoire.

Ils ne font jamais le même trajet. Ils reviennent en gare quand ça leur chante, ils décident de leur itinéraire. Ils décident eux même de leur voyage, du temps du voyage, des arrêts, des étapes, et même de qui peut monter ou ne le peux pas. Il ne reviennent jamais en arrière, mais après une boucle, jamais la même, il leur arrive de repasser par la gare initiale. Parfois ils s’y arrêtent, parfois non.

Dans cette gare, on ne choisit pas une destination mais un train. Et lorsqu’on monte à bord, on ne décide plus rien. Ni de l’heure du départ, ni de avec qui on voyage, ni du reste. Parfois même le train te rejette et tu te retrouves dans une gare un peu spéciale, un peu perdu à attendre un autre train un peu spécial.

Il y a très longtemps j’ai pris Le Train, le plus célèbre, le plus exigeant, celui qui un jour subrepticement te dépose au terminus. Celui qui te pose à la gare qui a une porte sortie. Car les gares un peu spéciales n’ont pas de sortie. Celui-là, le Train, connaît la seule d’où l’on peut s’échapper. Et c’est la seule gare où le train ne laisse sortir personne, sauf parfois l’un ou l’une de ces voyageurs émérites. Moi, je suis descendu très vite de ce Train. Ou est-ce lui qui m’y a poussé ? Toujours est-il que lorsque il repasse, je vois mes anciens compagnons de route derrière les vitres. Certains me sourient, m’invitent à monter, d’autres ne me reconnaissent plus ou bien froncent le nez. Ils sont biens, ils sont beaux, ils ont contemplé les merveilles offertes par le train, endurés les épreuves imposées – c’est un tain très très inconfortable – et tous ils ont la couleur du train, la couleur éveillée de la sérénité.

Au début, j’ai pris d’autres trains plus communs, plus agréables parfois, des trains juste pour échapper à une gare et des gares pour échapper au train. L’un de ces trains m’a offert deux beaux enfants. Un autre, soit-il béni, ma offert un très beau voyage avec la meilleure des compagnes qui soit. Moi j’ai fini par les laisser partir, elle et lui, je ne sais plus vraiment pourquoi. Un jour, je suis resté en gare, plus fou que jamais. Avec la nostalgie des nouveaux départs, avec peut être l’envie de remonter dans Le Train.

Et depuis je suis coincé dans cette gare. Je fais partie du décor. Je suis là du matin au soir et du soir au matin, à regarder passer mes trains. Je les connais presque tous, je les aiment bien, beaucoup, passionnément. C’est selon. Et j’ai beau me préparer, espérer, retrouver la santé nécessaire au voyage, il y a toujours un ratage. Je ne peux remonter dans aucun train. Si il y en a un que j’arrive à attraper. On y voyage seul, tout seul. Il ne s’arrête nulle part sauf à cette gare, le même, et t’éjecte jusqu’a son prochain passage. C’est mon train en quelque sorte, un train prison, un train punition.

Ainsi le temps aura passé, presque une vie. Mes derniers cheveux sont gris. Mon âme voyageuse n’aura presque pas voyagé. Mes soifs ne sont pas assouvies, mes quêtes sont devenues causes perdues, mes amours ont fanés, mon intégrité est corrompue à la moelle. Je pleure beaucoup sur mon sort. Mes larmes parfois font surgir du béton du quai de gare quelques fleurs magnifiées mais éphémères. C’est pour ça que l’on me supporte ici. On me laisse vieillir en gare, peut être y mourir. Mais je le sais ce n’étais pas ma destination finale.

Elle est repassée sans s’arrêter. Elle a un compagnon gris, dans l’ombre du wagon, mais dans le reflet de ses yeux, je vois qu’il brille intensément. Le Train passe assez souvent mais lui me rejette farouchement. Autour de moi un jardin multicolore s’épanouit, demain tout sera flétri.

C’est une gare un peu spéciale où s’arrêtent des trains très spéciaux

Des trains vraiment très originaux. Ils ont leur couleurs à eux, leur nom, leur histoire.

Enfance, Savoir, Passion, Nostalgie, Curiosité, Création, Famille, Pardon, Aventure, Esprit, Folie, Damnation etc….. Quels jolis noms pour des trains!

Le plus beau de tous, c’est Libération.

Rhumeurs d'Hailleurs

Aux livres de nos vies, aux chapitres de nos amours,

Souffle, souffle le vent ténu du temps qui passe.

Parfois les pages tournent sans crier gare.

Croyant écrire ton histoire tu t’égares.

C’est là que la vie te rattrape et te dis: « Petit, fais pas d’histoires ,

Toi tu ris, tu pleures,tu causes,

Tu survis quoi, tu prends la pause.

Le fil de tes jours, l’heure de tes amours, c’est moi qui en dispose ».

Au chevet de notre vie, à l’enterrement de notre amour,

Souffle, souffle le vent mauvais de la vie qui lasse.

Parfois les pages se déchirent sans prévenir, Et c’est le dernier mot,

La fin de l’histoire.

Parce que c’est ainsi. Parce qu’elle n’est pas belle la vie.

Juste cruelle, merci.

Oh ta gueule, ça suffit.

Au présent de cette vie, il y a la vie et

Chante, chante le vent, le vent inouï de…

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